"YO Coquelin, à la fois symboliste et visionnaire, imagine pour nous de mystérieuses figures féminines, mi- anges mi- démons, qu'elle campe dans des architectures grandioses et féeriques. Et s'il l'on sait lire au delà de l'image, on se rend compte que derrière ces mise en scène audacieuses, l'artiste parvient à nous faire passer un message : celui d'une esthétique quasi mystique aux résonances musicales, illustrant un voyage dans le temps et la mémoire"
                                                                                                     Patrice de la Perrière



YO Coquelin
 Le quidam confronté à l'œuvre de YO Coquelin, tel un boxeur, reçoit un uppercut au creux de l’estomac.
D’ailleurs, comme je commence un peu à connaître YO, je la crois tout à fait capable de donner le coup de poing à celui qui le mérite. Car cette YO, elle a un caractère trempé à la Benvenuto Cellini, elle aurait pu être aussi une espèce de Michelangelo Merisi da Caravaggio, mais derrière cette femme vraiment Femme, totalement Femme, archétype d’une amazone contemporaine à la Lara Croft (1), capable d’exiger et d’imposer, de se battre bec et ongles pour ce à quoi elle croit, se cache une âme d’enfant d’une sensibilité exacerbée, une Puissance (2) qui parcourt notre univers pour se repaître de la création. Son monde est unique et l’artiste par son œuvre donne raison au génie qu’était Grégoire 1er (3). Il a donné à l’artiste un statut qui a perduré pendant 1500 ans, qui a été unique dans toute l’histoire de l’humanité, en tous lieux et à toutes les époques (4). Bien sûr, YO Coquelin donne raison à ce pape et lui fait un cadeau somptueux : celui de lui dire qu’il avait raison et qu’il a bouleversé le monde des Arts. En effet YO fait partie de ces artistes dont l'œuvre s’impose tellement qu’on la reconnaît immédiatement. Au centre d’une exposition, une peinture de YO jaillit d’évidence, s’impose et même le garnement impubère empêtré dans les dogmes de son école reconnaîtra lui aussi d’emblée une œuvre de YO (5).
Un escalier noir qui se perd vers une chute d’eau, des architectures en souffrance et des tours embrasées aux fenêtres incandescentes, des pierres en lévitation, des portes induites vers des univers parallèles où triomphent des démons et des anges, des têtes de chats sanglantes et des trophées taurins, des chimères aux pattes d’oiseaux et des écailles pensantes enchâssées dans des dragons, des plumes de phénix et des monstres incarcérés dans des œufs, l’univers de YO Coquelin est ainsi planté.
Et tout cela baigne dans des lumières nouménales inondant des espaces sauvages et éclabousse de lumières phénoménales des villes fantômes. Un œil incrusté dans la feuille, des larmes perlées de mystère.
Est ainsi démasquée la jambe au mollet galbé et la cuisse sanglée par des lanières sombres. Alors est confondue la dryade aux pieds de bouc, à la tête encornée, aux seins tombants et au sexe en forme de serrure à forcer. Est encensé le pertuis aux lèvres ouvertes incrusté à l’endroit où devrait triompher l’oeil pinéal.  Pieds bridés dans des bottes de cuir aux talons démesurés, gantières aux mudhras délicats, seins galbés lacés dans une maille improbable, coiffures extraverties, que sais-je encore de ce cosmos infini, de ce monde impensable jailli de la pensée de YO. Mais ne vous y trompez pas : point de concession à la facilité, point de débauches gratuites, point de caricatures, de simulations inventées ou d’artefacts factices. La chose peinte est incontournable, incontestable, essentielle. La révélation ne souffre pas d’à peu près. YO par son langage magique nous révèle les monstres déguisés en anges et les fées affublées des parures des démons. Ils habitent notre inconscient et YO en manipulant nos peurs et nos espoirs, nos angoisses et nos espérances, nous impose la révélation de notre quête, celle qui nous enseigne nos racines impensables et nous dévoilera la raison de notre existence.
Et même si nous ne nous rendons pas compte que YO Coquelin nous offre, révélée l’espace d’un regard au plus profond de la surface de la toile, l’Essence de notre existence, même si notre parcours dans son univers nous parait inabordable et que le mystère reste gardé, nous en sortirons quand même avec le sentiment qu’elle nous a rendu notre monde acceptable.
Impossible de faire une analyse de l’ensemble des tableaux de YO, un livre n’y suffirait pas. Mais par exemple, quand YO peint un « Hommage aux grands Maîtres », où magistralement elle nous dévoile les contorsions de l’esclave (6) enserré dans sa tissure de marbre, elle ne cherche pas à nous dire : « Regardez la maîtrise de mon art, regardez la force et la justesse de ma facture » mais par épigraphes interposés et subtilement peints, elle nous dit « Constatez ce qu’« Ils » ont réussi à peindre et regardez ce que nous sommes maintenant réduits à faire : des graffiti et des tags ».
YO Coquelin nous enseigne que le monde peut être extraordinairement beau. Elle nous accompagne par son œuvre sur notre chemin (7), nous dévoile le Réel au delà du « monde des apparences multiples » (8). Sa peinture est un hymne à l’humain qui nous apprend que la seule réalité, celle qu’elle peint, pas seulement avec ses pinceaux, mais aussi avec son coeur et son âme n’a qu’un seul nom : l’Amour. Dans cette quête infinie du Graal elle a su aussi trouver un être d’exception qui l’accompagne sur la voie du bonheur.

                                                                                                                                                         Michel BASSOT

1 Lara Croft est l’héroïne de la série Tomb Raider produite par Square Enix. 
2 Cinquième des neuf Choeurs de la répartition entre les 72 Anges : Anges, Archanges, Principautés, Vertus, Puissances, Dominations, Trônes, Chérubins et Séraphins.    La théodicée de la Kabbale, Francis Warrain, Editions Véga, Guy Trédaniel, Septembre 1984, page 198.
3 Grégoire le Grand, 540 - 604, 64ème pape (590)
4 « Grégoire le Grand [...] recommanda de laisser aux artistes la liberté de décider de la forme, réservant à l’Eglise, commanditaire d’art sacré, la définition du          contenu. » L’Art caché - les dissidents de l’art contemporain, Aude de Kerros, Editions Eyrolles, juin 2009, page 85.
5 « Les artistes ont créé des oeuvres uniques, immédiatement identifiables comme de leur main. Qui peut confondre Véronèse et Le Titien ? » L’Art caché - les    dissidents de l’art contemporain, Aude de Kerros, Editions Eyrolles, juin 2009, page 85.
6  Esclave mourant, Michelangelo di Lodovico Buonarroti Simoni.
7  « Je veux t'accompagner sur le chemin qui mène à la pierre. Le chemin, c'est la pierre. La pierre, c'est le point de départ. Si tu ne comprends pas cela, tu n'as pas    encore commencé à comprendre. Car le but est dans chacun de tes pas. » La Rose de Paracelse de Quincey, La Mémoire de Shakespeare, Jorge Luis Borges, 1999.
8 L’homme et ses trois éthiques, Stéphane Lupasco avec la collaboration de Solange de Mailly-Nesle et Basarab Nicolescu, Editions L’esprit et la matière, Rocher, Août  1986.




"YO COQUELIN : Les Sables du temps"  
"Portraits, sculptures, paysages architectures, vues de ville ou de village et natures mortes qu’elle crée avec brio technique à la peinture à l’huile se caractérisent aussi par un magistral don de prise de vue et de mise en espace. Cette peinture appartient bien à notre époque, par exemple lorsqu’elle multiplie les cadres dans les cadres, les images dans les images, les visions syncopées, l’espace tout d’un coup brisé à l’exemple de l’art vidéo. 
Dans ses tableaux de grands formats, on ne trouve jamais une image unique ou un seul point de vue mais plusieurs -Passerelles, parmi les chefs d’œuvre est de ceux-là -. Parfois les architectures se prolongent dans des fictions architecturales et l’on se perd dans quelques dédales ou labyrinthe entre réel et illusion. Ou est le vrai, le "réel" où est le faux ? 
De telles questions sont hors de propos dans l’œuvre de YO COQUELIN. Les graffiti (une évocation de Mickey sur un triste muret de béton, témoigne de notre siècle…), les coulées et les tâches font également partie de son vocabulaire. 
    
“Entre ordre et chaos, entre réalité, songe et fantastique, YO COQUELIN s’est forgé une écriture personnelle nous invitant à un voyage au delà de l‘infini… Le chemin du connu vers l’inconnu, de la vie à autre chose, YO COQUELIN l’accomplit chaque jour devant sa toile d’une manière exorcisante et nous entraîne dans son sillage avec elle. Intemporelle et éternelle, la beauté chez YO COQUELIN se conjugue au présent dans un mariage intime de techniques.
Chez YO COQUELIN, tout est soumis aux jeux de l’imaginaire. Auréolés de mystères, de lumières bizarres, parcourus de nappes phréatiques soumises aux jeux du hasard, de personnages aux accents fantastiques, ses tableaux, à la charnière du symbolise, du surréalisme, de l’influence ruiniste et de l’art fantastique, racontent mille histoires à qui sait entendre, à qui sait pénétrer dans ce monde.“
                                                                                                     Laurence MORECHAN

 


"L'univers pictural de YO COQUELIN ne laisse pas indifférent. Elle maitrise parfaitement sa technique. Elle nous emmène dans un monde parfaitement structuré par la perpective de couloir sans fin dont la rigueur est atténuée par un voile transparent, comme une toile d'araignée. L'atmosphère onirique de ses tableaux nous transporte dans des lieux antiques ou de la renaissance sibissant des séismes. C'est la fin d'une époque classique, d'une civilisation. Cela illustre notre époque avec ses soubressauts de la crise mondiale économiques minant notre croissance ! Dans ses tableaux il y a une lumière particulière, parfaois blafarde, enveloppant des portes ou des labyrinthes avec des escaliers asans fin. Cette peinture surréelle, faite de glacis, avec des références mythologiques et des personnages androgynes, fait appel au mystère, au merveilleux et nous emmène au plus profond de nous même."

                                                                                                             Gérard BLANC       Mars 2009


  
A PROPOS DE YO COQUELIN
Une passion l’a fait naître dans un champs de ruines, une ville partagée et meurtrie : Berlin. Berlin ne l’a pas oubliée, elle si.
Les deux lettres de son prénom portent très haut son moi et sa volonté farouche, descendantes peut-être d’un lointain alphabet phénicien ou d’une proche Castille régente.
 Et depuis l’école des beaux-arts, Yo comme en écho savoure avec une gourmandise non feinte les pigments et la toile pour nous montrer l’invisible : son imaginaire.
 L’imaginaire est en effet son univers pictural, mais c’est le réel qui participe à sa jubilation quotidienne, sa table est raffinée et son atelier très structuré.
Epicurienne ou surnaturelle, jouisseuse ou magnanime, Yo donne toujours a voir.
Voir mais également regarder, car elle vous dira pas grand chose sur sa peinture, sur sa toile achevée comme sur celle en devenir sur son chevalet.
Libre à vous d’y trouver une allusion, une référence mythologique, un rêve avoué, un symbole ésotérique, une architecture antique.
Sa vision du monde est rotonde comme sa tour de Babel et l’usage qu’elle en fait nous transborde des rives d’une Babylone, à l’arrivée des idoles dans une cité virtuelle, mais dans un humanisme universel.
Ses personnages sont idéalisés au plus que parfait des corps,
les sexes y sont mutants et la pudeur bien informée : car la volupté aime la pudeur tout comme les réserves d’ombres de ses glacis.
L’œil écoute disait Claudel et cette vertu, seule Yo saura la révéler.
Le réalisme trop ghettoïsé n’appartient pas à son univers. Sa peinture est soignée, ses pigments travaillés sa technique ouvragée et ses thèmes intemporels, laissant parfois apparaître une passion d’aficionado pour une muleta rouge ou la sensualité d’un talon aiguille qui marque.
 La porte est étroite pour pénétrer dans son univers. D’ailleurs les portes foisonnent dans son œuvre, des portes plutôt fermées gardiennes du temple ou du secret.
Mais aussi des portes passages avec des lignes de fuites plutôt tangentes, des rues à fleur d’eau comme une fata morgana sur les rives d’une Messine, en route pour un voyage initiatique.
 Peu lui importe les courants artistiques de ses contemporains. Son art n’a rien à voir avec le réalisme social, ni le langage de ses voisins, marqués par une appartenance aux courants du XX e siècle, non il vient de loin et voit encore plus loin, il appartient au rêve, au non dit, au sublime, au surréel, et bien sur au virtuel !
Yo est bien dans son temps et sa peinture est la pour l’éternité.
                                                                                                        
Marie B.    Journaliste



 "DE LA MELANCOLIE AU MIROIR"          
 
..."La peinture de Yo COQUELIN renvoie toujours à autre chose, à une réalité autre, imaginaire et inconsciente. Le miroir est en quelque sorte un piège à âmes. Il est, tel Narcisse se mirant dans l'eau claire, une surface, un leurre et une présence d'un invisible visible ou le sujet peignant et le sujet regardant fascinés par leur double, se constituent comme un autre Je.
Les miroirs de Yo COQUELIN capturent le regard, parce qu'ils renvoient immédiatement à l'image et à. sa séduction.
L'image est donc une mise en scène qui, dramatiquement, instaure une sorte de théâtralité‚ imaginaire dont le miroir est la métaphore. Car les peintures de Yo COQUELIN accèdent à une dualité‚ entre l'érotisme et la mort, entre la beauté‚ et l'horreur. La métaphore imaginaire du miroir se cristallise autour des thèmes les plus antiques. Narcisse est non seulement pris au piège d'Eros et de Thanatos, il est aussi capture‚ par la Méduse. Celle-ci est une Gorgone qui a le pourvoir de changer en pierre quiconque la regarde. Toutefois, que pourrait faire un héros dans un monde sans monstre ? La peinture de Yo COQUELIN est ainsi un piège de la bivalence. A la beauté‚ juvénile des é
phèbes répond l'horreur des reptiles, des ‚cailles, des dragons. La Méduse n'est-elle pas avant tout une sublime femme-serpent ?..."
                                                               Olivier LUSSAC    Critique d'Art
                                                                         

                                                                                                                   


                                                                     



 




 
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